La vraie vie des vrais enfants instruits en famille Témoigner et agir pour sauvegarder la liberté d'instruction
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jeudi 21 juillet 2016

Louna, la joie de vivre étouffée



Louna était une enfant vive et gaie.

Et puis elle a commencé l'école, des larmes ont débordé de ses yeux, jour après jour, semaine après semaine. La maîtresse a bien expliqué à sa maman que Louna était trop proche d'elle, que ça allait passer, qu'il ne fallait pas céder. La maman voulait le meilleur pour sa fille, elle a déposé sa fille matin après matin.

Louna a cessé de pleurer mais elle a perdu sa joie de vivre, jour après jour, semaine après semaine. 

Elle avait besoin de bouger, à l'école il fallait rester assise.
Elle avait besoin de manipuler, à l'école il fallait écouter en silence.
Elle avait besoin de s'intéresser, à l'école elle disait s'ennuyer.
Louna a quitté l'école et retrouvé le bonheur d'apprendre.
Elle a pu bouger, manipuler, s'intéresser.
En revanche les contrôles pédagogiques l'ont toujours effrayée. Un contrôle négatif c'est la possibilité d'être renvoyé à l'école et ça, c'est une idée difficile à vivre quand on a perdu sa joie de vivre à l'école...
Lorsqu'un enseignant lui a dit que de toute façon elle ne réussirait jamais ses examens, qu'elle n'apprenait pas assez à la maison, Louna a perdu confiance en elle. Elle se voyait renvoyée à l'école, sans aucune issue possible... Elle se voyait sans aucun avenir, tout est devenu noir.
Ne jamais sous-estimer le poids des mots et des condamnations pour un enfant ou un ado...
Louna a été "oubliée" les deux années suivantes, elle a pu se reconstruire doucement, sans trembler... Grâce à cet "oubli", Louna a réussi un examen.


Vous souhaitez témoigner à votre tour, en votre nom, ou celui de votre enfant? Raconter votre parcours scolaire ou désco?

Racontez-moi, je vous recontacterai :

foxyform

mercredi 20 juillet 2016

Maeva, trop petite pour apprendre à son rythme




Maeva est petite, petite par la taille, petite par l'âge puisque c'est la plus jeune, elle est née en décembre.

Mais Maeva veut apprendre toujours plus, toujours plus vite.
Maeva commence à lire, elle a un niveau en mathématiques largement supérieur à ce qui est proposé en classe, ses parents demandent un saut de classe.
Trop petite leur répond-t-on.
Maeva ne sait de toute façon pas bien tenir un stylo ou une paire de ciseaux, elle ira au CP comme les autres.
Au CP Maeva est trop petite pour lire aussi bien, trop petite pour savoir jongler avec les chiffres, les autres se moquent d'elle "arrête de faire ton intéressante, t'es trop petite ! t'es qu'un bébé qui sait même pas dessiner".
Maeva est trop petite pour faire une dépression. Trop petite pour vouloir mourir et pourtant Maeva veut disparaître pour toujours... Elle n'en peut plus d'être trop petite pour apprendre comme elle veut, comme elle a besoin...
Maeva n'est pas trop petite pour l'instruction en famille, pas trop petite pour apprendre enfin autant qu'elle veut et tant pis si elle ne sait pas dessiner ou tenir un crayon !
Maeva n'est pas trop petite pour l'inspecteur pédagogique qui est heureux d'échanger avec elle, d'égal à égale, sans tests.
Maeva est trop petite pour la prof d'anglais qui, à 11 ans, lui demande d'échanger en anglais durant 20 mn...
Maeva est trop petite pour la prof de maths puisqu'elle ne pose pas tous ses calculs, la tête de Maeva est trop petite pour y parvenir... La tête de Maeva y parvenait pourtant ce jour-là. Mais après 42 minutes de questions incessantes et calculs de tête, Maeva a développé une allergie aux maths.
Maeva est trop petite pour lire Sartre ou la version intégrale des Misérables, c'est la prof de français qui l'a dit.
Maeva est trop petite pour se souvenir de ce qu'elle a vu en histoire un an et demi plus tôt tant pis si son cousin qui a eu 20/20 en évaluation sur les fleuves ne sait plus 3 semaines après que c'est la Seine qui passe à Paris...

En instruction en famille, la mémoire risque toujours d'être trop petite quand les tests sont imposés.


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foxyform

lundi 18 juillet 2016

Maman Crapaud Chameau, pourquoi refuses-tu les tests ?

l'avis de Crapaud Chameau

1) Le socle commun

Ah, le fameux socle. Ce mot qui désigne l'ensemble des connaissances et compétences censées être acquise à un certain âge. Avant d'avoir des enfants, j'aurais pu envisager que les enfants puissent, au même âge, acquérir les mêmes connaissances et compétences. Mais depuis que je suis devenue maman, j'ai réalisé que chaque enfant est différent et si l'un sera capable de lire parfaitement à 6 ans, l'autre ne le pourra qu'à 8 seulement et l'autre à 4 et ce, même si les méthodes proposées sont les mêmes pour tous. Le savoir n'est pas un liquide que l'on verse dans un récipient cérébral, c'est une envie personnelle profonde, un dépassement de soi. Je crois que Maria Montessori et Charlotte Mason ne me contrarieraient pas sur ce sujet. Penser que l'on puisse évaluer un enfant en fonction de son âge est, de mon point de vue, absurde.

2) Pédagogie contre universalité

Pour évaluer uniformément, égalitairement, il faudrait que tous les enfants soient instruits de la même manière, c'est-à-dire accepter une pédagogie universelle. L'être humain est bien trop complexe pour lui assigner une seule façon d'apprendre. L'apprentissage est fonction de tellement d'éléments qu'il est impossible d'établir une pédagogique universelle (et heureusement !), elle se fait à la carte, selon la personnalité de chacun et certainement pas dans un Ministère pour des classes de trente enfants.

3) Diversité et subjectivité

De la même manière, on ne peut accepter de se soumettre à une liste préétablie de manuels scolaires. Sélectionner des manuels d'apprentissage se fait de façon arbitraire. L'exemple le plus frappant est sans doute celui des manuels d'Histoire. Or, en fonction de sa propre appartenance éthnique, sociale, religieuse et politique, le parent est en droit de favoriser l'apprentissage correspondant le plus à son identité et à ses affinités, tout en veillant à développer l'ouverture d'esprit de ses enfants. C'est ce que l'on appelle la diversité, souvent pointée du doigt car pouvant mener à des dérives. Mais l'école est-elle à l'abri de ces dérives ? Ma propre expérience m'a montré que non. Y-a-t-il ici un lecteur n'ayant jamais eu un professeur manifestement pro-marxiste et/ou anti-clérical durant sa scolarité ? Dès lors que l'on admet l'impossibilité d'établir une liste universelle de manuels, comment évaluer égalitairement les enfants ?

4) Comparaison

Se faire évaluer, c'est se faire comparer à un échantillon, ici d'enfants de même âge, c'est-à-dire à une moyenne X selon des critères choisis. Un enfant bon en Maths, par exemple, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il en sait plus que la moyenne ? Est-ce que pour autant, cette force sera mise à profit ? Non, pas dans l'immédiat du moins car ce que l'on cherche, ce n'est pas de faire des petits Poincaré (ceux qui connaissent l'imposture Einstein comprendront), c'est d'amener l'enfant à acquérir des connaissances générales. Meilleur que la moyenne ou moins bon que la moyenne, ça ne veut pas dire grand chose. Au primaire, j'étais dernière de classe, en sortant du cm2 je savais à peine lire et encore moins écrire. J'ai terminé le lycée première de classe. Les statistiques de ce genre ne servent qu'à dorer l'Éducation nationale, rassurer ou inquiéter les parents et détruire la confiance en soi des enfants. Ces chiffres ne veulent rien dire. Quel est le taux de réussite du Brevet des collèges ? Il est élevé, pourtant combien de collégiens savent calculer sans calculatrice, savent rédiger un paragraphe sans faute ?


Je comprends que l'Éducation Nationale veuille se protéger d'éventuelles poursuites, elle a le devoir de s'assurer que chaque petit citoyen soit instruit. Ce n'est cependant pas à elle de déterminer ce qu'est une bonne instruction. Ici, au Québec, les Commissions scolaires évaluent le travail effectué via un portefolio, un document sur lequel figurent des échantillons de travaux scolaires, de photos... L'enfant semble-t-il fréquenter d'autres enfants ? A-t-il progressé dans ses apprentissages ? A-t-il l'air heureux et épanoui ? Voilà des questions pertinentes ! Des examens dans des établissements que l'enfant ne connaît pas, selon des procédures auxquelles il n'est pas habitué, avec des inconnus, c'est une ineptie, une moquerie, c'est rabaisser l'enfant. Et ça, c'est inacceptable.


jeudi 14 juillet 2016

TESTS : nous sommes en pédagogie formelle, mais nous n'en voulons pas



L'avis de Poule ou coq?

Nous sommes en ief pour la première année.

Nous avons fait le choix d'une pédagogie plutôt formelle, riche et dense, aucune matière n'est mise de côté, tous les piliers du socle de compétence sont travaillés et je n'ai aucun doute que nous les aurons atteints, voire dépasser, pour les 16 ans des enfants.

Et pourtant, nous refusons les tests.

Qu'avons-nous à craindre?

Tout d'abord, c'est une question de principe

Nous avons une obligation de moyens quant à l'instruction de nos enfants, pas de résultats. Il est donc logique de vérifier ces moyens mis en œuvre, et nous nous y plions volontiers.

Certains diront que "si on y met les moyens, il y forcément des résultats" (sic!) alors  contrôler l'un pour valider l'autre : pas de souci!

À cela je réponds : doit-on en déduire, devant les résultats en déclin de l'école, que l'Éducation Nationale n'y met pas les moyens?

Oui, dit ainsi, ça devient gênant... Et on rétropédale, on admet volontiers que divers facteurs extérieurs puissent parasiter ou retarder les résultats.

Et bien pour l'instruction en famille, c'est pareil.

C'est une question de justice par rapport aux enfants scolarisés

Quand on est à l'école, on est interrogé sur une partie bien précise du programme, on révise, on réussit tant bien que mal l'évaluation, puis on peut oublier la totalité de la leçon. L'inspecteur, ni même la maîtresse, ne viendra jamais en fin d'année vérifier les acquisitions de la totalité de l'année écoulée. Combien d'entre eux échoueraient? La majorité, j'en suis sûre. Et même là, ça n'aurait aucune conséquence équivalente (pour nous :  retour forcé à l'école!)

Le principe en est totalement incohérent

Les évaluations à l'école valident un état des connaissances à l'instant T; les points forts compensent les points faibles; il suffit qu'un élève soit "moyen" pour valider une année. En cas d'échec, aucune conséquence : on ne vas pas le changer de classe ni d'école! Et il passera malgré tout au niveau supérieur.

Les évaluations en IEF sont une injonction à l'excellence, dans tous les domaines, à tout moment sous peine de quoi... on les renvoie à l'école où ces injonctions n'existeront plus!

Oui, c'est un paradoxe.

Les inspecteurs peuvent tout à fait confirmer la réalité de l'instruction sans tests

Les enseignants ne sont pas inspectés tous les ans, loin de là.
Et lorsque l'inspection se déroule mal, on ne leur retire pas leurs élèves pour autant!
On n'attend pas d'eux des résultats, on n'interroge pas leurs élèves pour valider l'inspection.

L'inspecteur observe la façon de travailler de l'enseignant, puis il y a un échange autour des fiches de travail et documents.

Un inspecteur est un professionnel de l'éducation, apte à juger la réalité de celle-ci et à en confirmer la cohérence. Ce qu'il peut faire dans le cadre scolaire, il peut également le faire dans celui de l'instruction dans la famille.

Un contrôle d'inspection et ses conséquences sont des choses trop lourdes pour reposer uniquement sur les épaules d'un enfant

Vous avez déjà vu un enseignant une veille d'inspection? Panique à bord!!! Et il n'est pas rare que celle-ci se termine dans les larmes...

Comment peut-on imposer à des enfants, possiblement déjà fragilisés par des expériences malheureuses, ce que même des adultes aguerris peinent à encaisser?

Les tests vont à l'encontre de notre choix pédagogique, et même ils pourraient se révéler contre-productif, voire néfastes 

Notre pédagogie exclue tout échec.
Nous prenons garde à ce que nos enfants ne se retrouvent pas dans une situation où leur ignorance d'un fait ou leur incapacité à résoudre un problème soit indépassable : il n'y a que des situations qu'on n'a pas encore résolue! La réussite est parfois proche, parfois plus lente, avec des détours, mais elle est toujours au bout du chemin, quoi qu'il arrive.

Et le plus souvent, nous ne raisonnons même pas en termes d'échecs ou réussites : il y a "juste" le plaisir de la découverte, sans compétition ni performance.

Nous croyons que mieux vaut une tête bien faite que bien pleine, que le plus important est de nourrir leur curiosité et leur goût des apprentissage. Peu importe la quantité de faits, définitions, dates ils connaissent, quel intérêt si ils ne sont plus capable de s'intéresser à ces savoirs?

Je vais paraphraser Charlotte Mason : l'essentiel n'est pas "quelle quantité de fait et donnés l'enfant a mémoriser", mais "à combien de sujets différents est-il capable de s'intéresser, et à quel point s'en soucie-t-il?"


Les tests échouent à représenter les connaissances et acquis de nos enfants

Les tests diront que mon fils a un problème de graphie, qu'il est incapable de réciter l'alphabet dans l'ordre et donc de faire une recherche dans un dictionnaire, qu'il se trompe souvent dans les reports des soustractions, et qu'il ne connait toujours pas les terminaisons des verbes du 3e groupe. Ils ne diront pas qu'il est capable de placer presque n'importe quel pays sur une carte et de préciser la capitale de nombre d'entre eux, que ses connaissances sur les dinosaures sont quasi encyclopédiques pour son âge, qu'il est capable d'expliquer ce qu'est un quark ou un trou noir à des adultes et de raconter les plus récentes découvertes en recherches spatiales, ni qu'il peut dessiner de tête des mécanismes complexes qu'il n'aura pourtant parfois observé que quelques minutes.

Des tests diront que ma fille fait trois fautes d'orthographe par mot, qu'elle ne comprend rien aux divisions, et qu'elle ne connait pas ses tables de multiplication. Ils ne révèleront pas sont talent inné pour la danse (2ans d'avance dans son école), ni pour le dessin (ses dessins d'observation sont dignes d'un niveau lycée), ne diront rien de sa passion pour l'Egypte ancienne et les hiéroglyphes, ni sur le fait qu'elle est en train de programmer son premier jeu vidéo, ni qu'elle s'est lancé dans l'écriture de nouvelles.

Bref, les tests diront sans doute bien des choses, mais aucune d'entre elles ne parlera réellement de nos enfants. Quel intérêt?

À ce stade de la réflexion, on va me rétorquer : "yaka" expliquer tout ça avant et adapter les tests.

Oui, mais non. C'est pas aussi simple. Car même comme ça, il subsisterait un énorme obstacle, dernier point problématique, mais pas le moindre.

 

Mes enfants ont conscience de leurs différences

Comment pourraient-ils ne pas l'être quand le monde passe son temps à les leur renvoyer au visage à tout bout de champ?

Ils en ont conscience, et ont, par les bons soins de la société en général, de l'école en particulier, intégré qu'il s'agissait d'un problème, d'un défaut, d'une erreur, d'un handicap à résoudre, quitte à le médicaliser.

Alors, quand vient le moment d'être évalués, le mécanisme d'autodéfense se met en marche et ils se bloquent, avec des symptômes différents l'un et l'autre.

Pour notre fils : la résistance tranquille, la force de l'inertie. Il a développé cette capacité à ne rien dire, rien faire, il peut rester des heures (sans exagérer) à dévisager son interlocuteur sans un bruit, sans qu'aucune émotion ne transparaisse. RIEN de ce que l'on peut dire ou faire ne saurait le convaincre d'ouvrir la bouche ou d'écrire quoi que ce soit s'il n'en a pas envie. Parfois, il se contentera de ça. S'il n'aime vraiment pas la personne en face (une maitresse en particulier en a fait les frais), il va en profiter pour l'analyser et la juger très fort (et mal). Peut-être même qu'au moment où l'on commencera à conclure qu'il ne sait rien, il se fera un plaisir de balancer toutes les réponses avec un air d'évidence, comme pour dire "arrête de me prendre pour un imbécile, et nous pourrons peut-être discuter". Au "jeu" de l'humiliation publique devant les autres les élèves, je connais une inscrit' qui n'a pas eu le dernier mot.
Faut-il déduire de ce calme apparent que tout va bien pour lui? Non. Ce repli sur lui-même est le résultat d'un parcours scolaire fait d'échecs, de brimades et d'humiliations, tant par les autres élèves que par le corps enseignant.
Il n'est ni pertinent ni bienveillant de le pousser ainsi dans ses retranchements.

Pour ma fille : c'est une perfectionniste, elle ne se permet aucune erreur. Je l'ai vu rentrer en pleurs de l'école suite à la "très mauvaise note" (sic) de 17/20, persuadée de nous décevoir, s'excusant de toutes ses larmes... Je crois qu'elle cherche toujours à compenser les mauvais résultats de son frère. Chaque veille d'évaluation est une torture, faite de nuit blanche, crise d'angoisse, pleurs, vomissements... Elle complexe énormément sur son orthographe et supplie qu'on ne l'oblige pas à écrire publiquement.
Est-il constructif de la mettre au supplice annuellement?

Bref, les tests sont vécus chez nous comme un acte de malveillance, inutiles, ils ne disent RIEN de l'instruction passée, fragilisent un peu plus encore des enfants qui ont déjà bien assez souffert et nuisent aux apprentissages à venir.